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Journées du patrimoine : découverte du canal d'arrosage
Samedi 19 septembre 2015
La visite guidée du canal d'arrosage a rassemblé pas moins de 80 personnes, ce samedi 19 septembre, aux alentours de 10h du matin. Emmené par Isabelle Arlery, guide conférencière du Pays d’Art et d’Histoire de la Provence Verte et Olivier Hoffmann, notre président, le groupe a d'abord testé l'étanchéité des chaussures en traversant une première fois le gué du chemin de Saragan.
Des explications furent données sur le déroulement de la visite : Olivier, l'enfant du pays, allait nous décrire le fonctionnement du canal tout le long de notre parcours, tandis qu'Isabelle nous parlerait de manière plus générale de l'importance de l'eau dans la société d'autrefois.
Le groupe s'est ensuite rendu à la prise d'eau de l'Ecluse Gan-Mouret où Olivier, après avoir assuré la sécurité d'un passage un peu délicat (photo ci-dessous) a expliqué le principe de régulation de l'eau dans les canaux, en nous faisant découvrir ce site. 
Les visiteurs présents ont pu ainsi apprécier dans ce cadre magnifique l'ingéniosité de nos ancêtres en matière d'irrigation, à travers le détournement d'eau et la martelière plusieurs fois centenaires visibles en ces lieux.
Cet endroit, situé en fait sur la commune de Forcalqueiret, constituait le véritable point de départ du parcours de découverte. L'étape suivante nécessitait de reprendre le chemin en sens inverse pour traverser à nouveau le gué du chemin de Saragan. L'épreuvre des chaussures étanches pouvait à nouveau recommencer ...
Autrefois, il était possible de traverser le gué sans se mouiller les pieds, grâce à des pierres surélevées dont il subiste encore quelques traces.
C'est à cet endroit que se situe la prise d'eau principale du canal des Vignarets que nous allions longer par la suite, celui qui traverse le village.
Pour illustrer ses explications, Olivier fit la démonstration de la régulation des eaux en actionnant la martelière présente ici. De quelques tours de manivelle énergiques, tantôt à gauche, tantôt à droite, il fit varier le débit des eaux qui s'engouffrait dans le départ du canal et chacun put juger de l'amplitude des variations qu'on était ainsi capable d'apporter à ce dernier.
Isabelle prit ensuite la parole pour nous sensibiliser sur l'importance de la place de l'eau dans notre société et sur l'ingéniosité dont faisait preuve nos ancêtres pour tirer profit de l'exploitation de cette ressource  (moulins, fontaines, lavoirs, ...).
La ballade, très instructive, pouvait à nouveau reprendre le long du canal, en direction du village.
Au hasard du son cheminement, on pouvait observer, par endroit, une martelière permettant le renvoi d'eau à la rivière ou bien l'irrigation des zones cultivées (vocation première de cet ouvrage), ailleurs une zone fortement ouvragée par la main de l'homme, à l'inverse, un peu plus loin, le passage par des voies naturelles que la nature semblait avoir conçu à cet usage ... bref, une très large variété de décors qui suscitait autant de questions de la part des visiteurs. 
Un très léger crochet et quelques mètres de grimpette permirent d'admirer, au passage, la grotte sépulcrale des Oustaous Routs, ayant abrité les restes d'une soixantaine d'individus au Chalcolithique (autour de 7000 av. J-C).
Après avoir traversé quelques champs et escaladé quelques talus, le groupe arriva tout naturellement à l'orée du village, non loin du Pont Vieux.
Isabelle reprit la parole pour nous faire découvrir le magnifique lavoir, alimenté par une source locale, et nous expliquer comment, les lavandières à genoux, avec des gestes immuables, battaient, frottaient, rinçaient et essoraient le linge à une époque encore pas si lointaine. 
Cette matinée de découverte n'aurait pas été complète sans la visite de l'ancienne station de captage, récemment réhabilitée. Quelques panneaux explicatifs et les commentaires éclairés d'Olivier ont permis de comprendre le fonctionnement de la station, qui permit, dès 1868, d'alimenter les fontaines du village, puis, à partir de 1958, d'acheminer l'eau jusqu'au réservoir qui desservait les habitations en eau potable.
Une dernière escapade dans les ruelles du village, afin d'admirer quelques unes des fontaines qui le parsèment, devait conclure en beauté cette demi-journée très enrichissante.